L’Open Data et la Blockchain pour lutter contre l’épidémie COVID 19

10 mai 2020 | Actualité, Covid 19

Charlène Demaret

Un tracking individuel de type StopCovid ne peut fonctionner en France et la levée de boucliers contre cette application montre les limites de cette approche. Nous proposons de privilégier une approche de type Open Data, où les libertés individuelles sont totalement préservées grâce aux propriétés cryptographiques de la blockchain Unikname, tout en collectant des données pour les chercheurs, le système de santé, mais aussi les citoyens eux-mêmes.

L’application StopCovid telle qu’elle est envisagée aujourd’hui cherche avant tout à établir la chaîne de transmission du virus entre individus avec des échanges de données via le Bluetooth, elle renseigne malheureusement très peu sur le virus lui-même. Pourtant pour nous une application digitale pourrait très bien le faire, et sans aucune entrave à la vie privée.

C’est le virus que nous proposons de tracker et de profiler, pas les individus.

De notre point de vue, c’est l’analyse d’un maximum d’informations directement liées à l’épidémie qui permettra d’améliorer notre connaissance du virus et donc de trouver des solutions. C’est le virus que nous proposons de tracker et de profiler, pas les individus.

Dans le cadre du projet Unikname C.A.R.E®, nous souhaitons que chaque citoyen puisse mettre à disposition de toute la collectivité, dans le plus strict respect de la vie privée, des informations de santé permettant d’améliorer la connaissance globale de la pandémie et du virus : symptômes, automédication, environnement, diagnostiques, tests, état…

Qu’il s’agisse de la communauté scientifique, des professionnels de santé ou des citoyens eux-mêmes, tous doivent pouvoir accéder aux données relatives à la pandémie en toute transparence et ainsi miser sur le crowd-sourcing pour faire émerger des idées et des solutions nouvelles, et aider aux prises de décisions. Le potentiel de ces données de santé anonymes est énorme. 

Les technologies Big Data permettent aujourd’hui de mettre à disposition ces informations, de les prétraiter afin de générer de l’information dont tout le monde pourra tirer parti, notamment les professionnels de la santé qui cherchent à concevoir de nouvelles solutions thérapeutiques, mais aussi la sphère politique qui pourra disposer d’un nouvel outil transparent d’aide à la décision.

Avec Unikname C.A.R.E®, l’idée n’est pas de fournir une solution mais un protocole de collecte et de traitement de l’information anonymisée, exploitable par tous les acteurs concernés par la pandémie.

Le protocole Unikname C.A.R.E® garanti l’anonymat total quant aux informations mises à disposition. Jamais il ne sera possible de remonter d’une donnée jusqu’à l’individu contributeur. Le protocole cherche à rendre visible le virus et la pandémie, dans le plus strict respect de la vie privée des citoyens.

L’Open Data comme catalyseur d’innovation pour la sortie de crise

Elon Musk est un fervent adepte de cette approche, notamment en donnant accès aux brevets détenus par Tesla afin de profiter du potentiel intellectuel de tous et voir émerger de nouvelles connaissances et applications liées à ses découvertes.

C’est la grande leçon de l’Open Data : en mettant à disposition l’information au plus grand nombre de manière transparente, on décuple la force d’innovation qu’il est possible de générer à partir d’une donnée brute.

S’il existe déjà des projets s’appuyant sur une blockchain pour collecter des données de test Covid-19, ceux-ci alimentent une base de données qui re-centralise l’ensemble des informations et en réserve l’usage exclusif à un nombre restreint de personnes. C’est exactement à l’opposé de ce que nous souhaitons mettre en place. Si elles sont correctement anonymisées, les données liées au COVID-19 doivent être accessibles à tous.

Pour nous, l’Open Data représente le cadre le plus souple imaginable pour que les chercheurs, mais aussi les Citizen Data Scientists puissent croiser ces données avec d’autres sources et découvrir des corrélations auxquelles personne n’avait pensé jusque-là. 

Les premiers jeux de données (Datasets) sur le Covid-19 ont un accès restreint aux seuls chercheurs, mais pour initier un large mouvement de crowd-sourcing, il faut ouvrir les données sur la pandémie à tous en toute transparence et avec une gratuité totale d’accès.

Il faut ouvrir les données sur la pandémie à tous en toute transparence et avec une gratuité totale d’accès.

Tous les citoyens peuvent contribuer à l’enrichissement des données sur le principe du volontariat et en échange, ils doivent pouvoir accéder gratuitement à ces informations et aux rapports et analyses qui en découlent. L’idée est bien de favoriser au maximum le potentiel de création de nouvelles solutions à partir de ces données.

La cryptographie et la blockchain, gardiennes des libertés individuelles

Avec le protocole Unikname C.A.R.E® nous proposons une solution technique décentralisée s’appuyant sur une blockchain Nous rejetons l’approche centralisée des applications existantes. Avec Unikname C.A.R.E® chaque citoyen contribue directement à “un pot commun” mondial d’informations anonymes et transparentes, incensurables, inviolables, certifiées, et en temps réel.

Cette approche communautaire permettra, entre autre, de mesurer l’immunité de groupede manière plus fiable. En effet il faut atteindre un certain seuil dans un pays, dans une région, ou une ville pour que l’épidémie ne s’éteigne d’elle-même. L’approche envisagée ne vise pas à collecter des informations sur l’individu lui-même, mais des données relatives aux habitants de la ville ou d’un quartier afin de mesurer le niveau d’immunité collective de la zone considérée.

L’anonymisation des données combinée aux propriétés de la blockchain est le moyen d’assurer au citoyen que ce lien ne pourra jamais être tissé ni par les autorités, ni par les chercheurs ou même par une entreprise privée qui voudrait valoriser cette donnée.

Unikname C.A.R.E® s’appuie sur les propriétés de cryptographie asymétrique de la blockchain dont le but est de garantir la confidentialité d’une donnée, et fait la part belle aux algorithmes de preuve à divulgation nulle de connaissance (ZKP — Zero Knowledge Proof) dont le but est, comme son nom l’indique, de garantir la véracité d’une information sans jamais la dévoiler.

La liberté de contribution est laissée à chaque citoyen

Le nombre d’informations recueillies par le protocole peut être étendu bien au-delà des données initiales. Au lancement, le niveau d’information qui pourra être mis à disposition par chaque citoyen sera très basique, de type “fiévreux/pas fiévreux” et de type “testé/non testé”. Puis il sera possible, toujours à la discrétion de chaque citoyen, de contribuer en mettant à disposition plus d’informations comme sa température exacte et le résultat de ses tests. Les informations qui pourront être mises à disposition seront établis avec des épidémiologistes, des professionnels de santé, les chercheurs, mais aussi pourquoi pas des collectifs de citoyens.

A aucun moment Unikname C.A.R.E® ne permettra de faire le lien entre une donnée et l’individu lui-même.

Au fur et à mesure que chacun se verra rassuré sur le strict respect de sa vie privée, sur le fait qu’aucun lien ne pourra être réalisé entre les données et l’individu, nous pensons que les contributions augmenteront et permettront des traitements plus rapide et plus efficace des épidémies. Chacun contribuera à sauver des vies humaines dans un grand élan de solidarité collectif.

L’idée de Unikname C.A.R.E® est de ne pas avoir de cadre préétabli comme c’est le cas actuellement dans les études cliniques, mais bien d’adapter les informations en fonction des demandes des chercheurs ou encore des besoins qui naissent au fil de l’évolution de chaque épidémie.

Ainsi chaque citoyen volontaire, pourra cocher, s’il le souhaite, la case “Genre”, indiquer s’il est fumeur, ses éventuels symptômes, s’il pratique l’automédication, etc. L’ensemble des informations mises à disposition via l’application pourra aider les chercheurs dans leur compréhension de la maladie et dans la découverte de nouvelles solutions thérapeutiques.

Chaque citoyen doit être libre de pouvoir contribuer à cette démarche et celle-ci ne doit pas être restreinte aux seuls porteurs du virus.

Il est important que les personnes n’ayant pas été en contact avec le virus puissent contribuer afin de participer notamment au calcul du taux d’immunité collective.

 

L’identité numérique au cœur de la problématique

Au-delà du besoin urgent d’endiguer l’épidémie et de gérer une sortie de confinement à haut risque, le débat auquel on assiste aujourd’hui sur l’utilisation du digital pose clairement la problématique de l’identité numérique du citoyen. Prouver qui l’on est d’une manière numérique pour avoir accès à des services suscite un vif débat. Nous avons plusieurs grandes familles de solutions pour gérer nos identités numériques et prouver qui on est :

  • d’un coté nous avons des solutions comme France Connect ou bien celles utilisées par les banques pour ouvrir un compte bancaire qui font le lien entre un identifiant numérique et la pièce d’identité. Pour elles il n’est pas question d’anonymat bien au contraire.
  • d’un autre coté nous avons tous les géants du web, dont aucun n’est Européen soit dit en passant, qui profilent tous les individus et qui disposent de nos identifiants, de nos d’identités numériques et de beaucoup (trop) de nos données personnelles. Pour elles non plus il n’est pas question d’anonymat puisque nos données sont au cœur de leur business model.
  • une autre communauté d’acteurs travaille à la décentralisation de ces données d’identité, avec des solutions comme Civic ou Sovrin qui exploitent une blockchain pour porter cette identité numérique sous le seul contrôle des utilisateurs.

Au regard du sujet qui nous anime, toutes ces solutions présentent le même biais de vouloir faire le lien entre l’identité réelle de la personne et son identifiant numérique

Notre position est radicalement différente : Si, pour accéder à un bulletin de salaire ou une feuille d’impôt on peut accepter que le lien avec la carte d’identité soit requis, pour bien d’autres services ce lien n’est pas nécessaire. Il est important qu’une personne ne puisse falsifier par exemple les résultats de son test Covid-19 pour accéder à tel ou tel lieu interdit aux personnes malades pour des raisons sanitaires, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un lien entre son identité et ses résultats, et encore moins dans une base de données centralisée.

Identité numérique et Identifiant numérique sont deux choses bien distinctes, et servent deux objectifs différents.

De plus, il est potentiellement dangereux de vouloir absolument centraliser les résultats de tests de tous les français dans une même base de données centrale. Tout système centralisé peut potentiellement être piraté ou exploité à d’autres fins que la seule protection des populations.

 

Avec Unikname nous prônons le concept d’identifiants souverains anonymes, c’est à dire sous le seul contrôle des utilisateurs, et permettant un accès exclusif aux données qui lui sont associées, mais sans avoir à dévoiler son identité réelle.

Le protocole Unikname C.A.R.E® s’appuie sur l’App Unikname qui permet de gérer votre propre identifiant universel anonyme, votre @Unikname et qui vous permet d’accéder en toute confidentialité et en toute sécurité à l’ensemble des sites webs qui n’ont cure de votre identité réelle, soit 90% du web aujourd’hui.

@Unikname est un identifiant dit décentralisé (DID — Decentralized Identifier) dont les propriétés remarquables principales sont les suivantes :

  • pseudonyme, peu importe votre identité réelle
  • unique au niveau mondial, par définition et par construction
  • sous le seul contrôle de son propriétaire (aucun serveur centralisé, pas de compte et de mots de passe à mémorisé)
  • permet l’anonymisation des données qui lui sont attachées
  • peut être relié par son propriétaire à une preuve d’identité sans en être une lui même
  • universel, facile à mémorisé et à utiliser

Les identifiants @Unikname s’appuient sur la blockchain uns.network qui a nécessitée plus de 18 mois de R&D pour être mise au point, et dont la vocation unique est justement de gérer des identifiants décentralisés.

Cette crise sanitaire doit être également l’occasion de reposer les termes de l’identité numérique et d’offrir à chaque citoyen la possibilité de contribuer anonymement à la lutte contre les épidémies.

Unikname C.A.R.E™ est l’acronyme de Citizen.Anonymous.Reporting.Epidemic

Le 23 Avril dernier nous lancions un appel à compétences pour que tous les acteurs potentiels du déconfinement constituent avec nous une taskforce.Aujourd’hui nous sommes prêts à travailler avec des premiers laboratoires d’analyses autour d’un projet pilote. Rejoignez le forum de discussions Unikname C.A.R.E™ dédié.

Découvrez le projet Unikname Care For Travel !